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Alain Ihler : quand une cyberattaque accélère le changement de DPI

Après une cyberattaque, l’Hôpital Pierre Rouquès a accéléré sa migration vers le DPI Galeon. Alain Ihler, DSI, raconte cette transition.
Mis à jour le
23 septembre 2026

Une migration de dossier patient informatisé se prépare généralement pendant des mois.

Il faut reprendre les données, configurer le nouvel outil, tester son fonctionnement, former les équipes et organiser le moment où l’établissement basculera définitivement d’un système à l’autre.

À l’Hôpital Pierre Rouquès, à Paris, ce scénario était en cours de préparation lorsque tout s’est accéléré.

En 2022, l’établissement subit une cyberattaque.

Le passage au DPI Galeon était déjà prévu. Il va devoir avoir lieu beaucoup plus rapidement que prévu.

Pour le premier épisode de notre série Regards de soignants, nous avons rencontré Alain Ihler, directeur des systèmes d’information de l’Association Ambroise Croizat, qui gère notamment l’établissement.

Il nous raconte cette transition, mais aussi un métier devenu essentiel au fonctionnement quotidien d’un hôpital.

Alain Ihler, directeur des systèmes d’information de l’Association Ambroise Croizat

Être DSI dans un établissement de santé

Alain Ihler est DSI depuis 2017.

Son quotidien ne se limite pas au fonctionnement des ordinateurs ou du réseau. Il se situe entre l’exploitation de l’infrastructure, la gestion de projets et les besoins des professionnels qui utilisent les outils numériques chaque jour.

Dans un hôpital, cette infrastructure doit fonctionner en permanence.

Le dossier d’un patient doit pouvoir être retrouvé lorsqu’un professionnel en a besoin. Les applications doivent communiquer entre elles. Les accès doivent être sécurisés. Les données de santé doivent être hébergées dans des conditions adaptées.

Et lorsqu’un nouvel outil arrive, il doit trouver sa place dans cet environnement sans interrompre le fonctionnement de l’établissement.

C’est particulièrement vrai pour le dossier patient informatisé.

Quand le calendrier change brutalement

Avant 2022, les équipes de la maternité des Bluets utilisaient déjà certains modules de Galeon.

Le passage au DPI était prévu et une partie du travail nécessaire à la migration avait commencé.

Puis la cyberattaque survient.

« On a subi une cyberattaque qui nous a boostés sur le fait de basculer, un peu plus brutalement, sur le DPI Galeon. Ça s’est bien passé, parce que ça s’était quand même préparé un peu à l’avance, avec l’aide des équipes de Galeon, qui nous ont bien aidés à réussir cette migration », raconte Alain Ihler.

La situation montre aussi l’intérêt du travail réalisé avant qu’une crise n’arrive.

La migration a dû être accélérée, mais elle ne partait pas de zéro. Une partie de la préparation était déjà faite et les équipes connaissaient Galeon.

Dans un établissement de santé, où les outils numériques participent directement à la continuité des soins, cette préparation prend une importance particulière.

Un changement de logiciel est aussi un changement pour les soignants

Installer un nouveau DPI ne suffit pas.

Médecins, sages-femmes, infirmiers et autres professionnels vont l’utiliser quotidiennement pour consulter et renseigner les informations nécessaires à la prise en charge des patients.

Leur adoption de l’outil devient donc une partie du projet.

Aux Bluets, la transition a bénéficié d’un contexte particulier : Galeon était déjà présent dans l’établissement sur d’autres modules.

Alain Ihler décrit ainsi des équipes soignantes ayant « adhéré totalement à l’outil Galeon ».

Cette expérience antérieure a facilité le changement au moment où le calendrier s’est resserré.

Elle rappelle aussi quelque chose de très concret sur la transformation numérique d’un hôpital : un outil peut répondre à un cahier des charges et remplir toutes les exigences techniques attendues. Il sera ensuite utilisé plusieurs dizaines ou centaines de fois chaque jour par des professionnels qui doivent pouvoir travailler avec.

Pouvoir parler directement avec son éditeur

Dans son témoignage, Alain revient également sur la relation avec les équipes qui développent les outils.

Il avait auparavant travaillé avec un DPI porté par un éditeur beaucoup plus important.

Avec Galeon, il décrit une relation différente :

« Avec Galeon, on avait des contacts beaucoup plus proches. L’éditeur était plus petit, il était à l’écoute des problématiques qu’on avait. »

Cette proximité prend une autre dimension lorsqu’un établissement traverse une situation inhabituelle.

Certaines problématiques ne peuvent pas attendre le prochain cycle produit ou plusieurs niveaux de support. Elles apparaissent directement sur le terrain, avec des équipes qui doivent continuer à travailler.

La question de la donnée ne s’arrête pas au DPI

Le rôle d’un DSI hospitalier implique également de savoir où vont les données confiées aux différents outils.

Sur ce point, Alain explique privilégier des éditeurs dont les données sont hébergées en France ou en Europe. Il relie notamment ce choix à la mission sociale portée par l’Association Ambroise Croizat.

Cybersécurité, hébergement, disponibilité, interopérabilité : ces sujets peuvent sembler très éloignés d’une consultation ou d’une chambre d’hôpital.

Ils conditionnent pourtant une partie du fonctionnement quotidien de l’établissement.

Quelques années plus tard

La maternité des Bluets a fait partie des premiers établissements à utiliser Galeon.

Cette proximité avec les équipes soignantes a également participé à l’évolution du produit. Alain va jusqu’à dire que Galeon a été développé « aux petits oignons pour les soignants ».

Quelques années après la migration accélérée de 2022, son regard sur le choix effectué à l’époque est clair.

« C’est un outil qui fait l’unanimité au niveau des équipes soignantes. […] Galeon est un super outil pour la maternité des Bluets. »

L’expérience des Bluets raconte finalement plus qu’un changement de logiciel.

Elle montre ce que représente le numérique lorsqu’on le regarde depuis l’intérieur d’un établissement : des infrastructures à maintenir, des données à protéger, des outils à faire évoluer et surtout des professionnels qui doivent pouvoir continuer à travailler, y compris lorsque le scénario prévu quelques mois plus tôt ne tient plus.

🎥 Retrouvez l’entretien complet avec Alain Ihler dans le premier épisode de Regards de soignants.

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