Du 19 au 21 mai 2026, SantExpo a réuni à Paris près de 700 exposants, plus de 35 000 participants et 240 prises de parole autour d'un fil rouge unique : la transition de l'IA hospitalière vers sa phase de preuve. L'édition 2026 a confirmé que les établissements de santé ne se demandent plus s'il faut intégrer l'IA, mais comment l'industrialiser sans compromettre la souveraineté des données.
Le marché change de paradigme. L'IA n'est plus un module périphérique greffé sur des logiciels existants : elle devient une fonctionnalité native du dossier patient informatisé (DPI), des outils de prescription et des plateformes de coordination. Cette bascule pose une question concrète à chaque DSI : sur quelles données ces IA vont-elles s'entraîner et dans quelles conditions de gouvernance ?
C'est précisément le sujet que Galeon adresse depuis 2016. Déployé dans 19 hôpitaux français (dont 2 CHU), structurant plus de 3 millions de dossiers patients et utilisé quotidiennement par plus de 10 000 soignants, Galeon construit la couche fondatrice nécessaire pour que toutes les briques IA présentées à SantExpo puissent fonctionner durablement et de façon souveraine.
Aucune IA médicale n'est meilleure que les données sur lesquelles elle s'entraîne. C'est le constat partagé par l'ensemble des éditeurs et DSI rencontrés sur le salon, et c'est la mission opérationnelle du DPI Galeon.
Plutôt que de citer une à une chaque démonstration, regroupons les solutions observées en quatre familles cohérentes, qui correspondent aux quatre grands moments du parcours de soins.
Cette première famille rassemble les solutions qui interviennent au cœur du raisonnement clinique.
Plans de soins générés par IA. Plusieurs éditeurs proposent désormais des plans de soins personnalisés générés à partir du dossier patient et des recommandations de bonnes pratiques. Le médecin valide ou ajuste, mais ne part plus d'une page blanche.
Modules de prescription médicamenteuse assistée. Détection automatique des interactions médicamenteuses, contre-indications, posologies adaptées à la fonction rénale, allergies. L'IA agit comme un copilote pharmacologique, sans jamais se substituer au prescripteur.
Intelligence clinique pour patients en maladies chroniques. Algorithmes d'aide à la décision pour les pathologies au long cours (diabète, insuffisance cardiaque, BPCO, cancers), avec scores de risque et propositions d'ajustement thérapeutique.
"MedGPT" et IA médicales conversationnelles. Assistants spécialisés capables d'interroger le DPI en langage naturel : "Liste les patients diabétiques de cardiologie avec HbA1c > 8 sur 6 mois".
C'est sans doute la famille qui a le plus marqué SantExpo 2026, parce qu'elle touche directement à la charge mentale des équipes.
Speech-to-text et dictée médicale (Dragon Medical One de Microsoft). Solution leader du marché, utilisée par plus de 550 000 médecins dans le monde et 80 % des radiologues américains. Dragon Medical One capture la documentation clinique jusqu'à cinq fois plus vite que la frappe avec une précision annoncée de 99 %. Microsoft a acquis Nuance en 2021 pour 19,7 milliards de dollars, signe de l'enjeu stratégique de la reconnaissance vocale médicale.
Assistants de consultation ambiants. Génération automatique du compte rendu de consultation à partir de l'enregistrement audio. Le médecin parle naturellement avec son patient, l'IA produit le compte rendu structuré.
Automatisation des tâches administratives. Codage CIM-10, lettres de sortie, ordonnances, comptes rendus opératoires : tout ce qui chronophage et standardisable est désormais accélérable.
Une troisième famille concerne la valorisation de la donnée au-delà du soin direct.
Recherche clinique assistée par IA. Identification automatique de patients éligibles à des essais cliniques, analyse rétrospective de cohortes, génération d'hypothèses de recherche.
Consentement dynamique pour la recherche et le soin. Le patient peut autoriser, restreindre ou retirer l'usage de ses données granulairement, en temps réel. Une rupture par rapport au consentement papier statique.
Télémédecine et télésurveillance. Depuis l'entrée de la télésurveillance dans le droit commun via la liste "LATM", et avec le dispositif "PECAN" qui accélère le remboursement des dispositifs médicaux numériques innovants, le marché du suivi à domicile s'est structuré. Plus de 100 millions d'euros ont été engagés via "PECAN" sur le périmètre télésurveillance et thérapies numériques depuis 2023.
Enfin, une famille moins visible mais structurante : les outils de gouvernance.
KPIs santé et Value Based Healthcare ("VBHC"). L'AP-HP déploie des "PROMs" et "CROMs" (questionnaires patients et indicateurs cliniques) pour mesurer la valeur réelle des prises en charge. La "VBHC", popularisée par la Société française de la Valeur en Santé, devient un standard de pilotage hospitalier.
Gestion d'infrastructure souveraine. La Plateforme des Données de Santé ("Health Data Hub") migre vers un cloud souverain qualifié "SecNumCloud", signe du tournant régalien en matière d'hébergement. Des plateformes comme "DALVIA" (La Poste Santé & Autonomie) revendiquent cette même souveraineté.
Voilà le point que SantExpo 2026 a rendu impossible à ignorer : chaque solution IA présentée, aussi performante soit-elle, se heurte au même mur quand elle est déployée dans un hôpital réel.
Les données médicales sont éparpillées, hétérogènes, mal codées, dupliquées d'un service à l'autre, parfois enfermées dans des PDF scannés. Une IA de plan de soins ne peut pas suggérer un traitement pertinent si elle ne lit pas correctement les allergies du patient. Un assistant de consultation ne peut pas remplir un compte rendu cohérent si la base de données n'a pas de modèle commun. Une IA de recherche clinique ne peut pas identifier de cohortes si les diagnostics ne sont pas codifiés.
C'est ce maillon manquant que Galeon construit depuis 2016. Le DPI Galeon n'est pas un concurrent des solutions présentées à SantExpo : il en est la condition de fonctionnement. Les données structurées par les soignants directement dans Galeon deviennent ensuite exploitables par n'importe quelle brique IA tierce, dans le respect du consentement patient et de la souveraineté de l'hôpital.
Et grâce à la technologie propriétaire Blockchain Swarm Learning®, les IA peuvent être entraînées sur les données de plusieurs hôpitaux sans que ces données ne quittent jamais leurs serveurs respectifs. Une avancée que peu d'éditeurs proposent aujourd'hui.
Les IA présentées à SantExpo 2026 sont précieuses. Mais aucune d'entre elles ne pourra tenir sa promesse à grande échelle sans une couche de données propre et souveraine. C'est cette couche que Galeon fournit.
Cette section est volontairement directe. Les promesses de l'IA hospitalière sont réelles, mais les obstacles le sont tout autant.
Quel a été le signal réglementaire majeur de SantExpo 2026 ? L'attribution en Europe de la première certification "MDR" de classe IIa à un DPI nativement IA. C'est un tournant : l'intelligence artificielle clinique entre formellement dans le périmètre des dispositifs médicaux régulés, avec ce que cela implique en termes de preuves, de gouvernance et de responsabilité.
Faut-il remplacer son DPI actuel pour intégrer ces IA ? Pas nécessairement, mais la qualité des données du DPI conditionne la performance de toute IA ajoutée. Un DPI structuré dès la saisie (comme Galeon) maximise le retour sur investissement des briques IA tierces.
Combien de temps prend l'intégration du DPI Galeon dans un hôpital ? Le calendrier dépend de la taille de l'établissement et de la maturité numérique de départ, mais le déploiement s'effectue par paliers. Les 19 hôpitaux du réseau Galeon ont chacun suivi une trajectoire progressive : audit initial, structuration des données prioritaires, formation des soignants, mise en production. L'objectif est de capitaliser sur l'existant, pas de tout reconstruire.
Qu'est-ce que le Blockchain Swarm Learning® concrètement ? Une technologie propriétaire Galeon qui entraîne des modèles d'IA sur les données de plusieurs hôpitaux sans que ces données ne quittent jamais leurs serveurs respectifs. Seuls les algorithmes circulent, la blockchain trace les usages.
Comment Dragon Medical One s'intègre-t-il dans un DPI Galeon ? Dragon (ou tout autre outil de speech-to-text médical) peut alimenter Galeon en dictée. Galeon structure ensuite la donnée vocale en information clinique exploitable par les autres briques IA.
Que faire avant un déploiement IA dans un hôpital ? Trois priorités : auditer la qualité des données du DPI, former les équipes au numérique, formaliser une stratégie de souveraineté et de consentement patient. C'est la séquence que nous recommandons aux DSI du réseau Galeon.
Existe-t-il un risque de dépendance technologique avec ces IA ? Oui, particulièrement quand les modèles tournent sur des clouds non européens. La réponse n'est pas de refuser l'IA, mais d'exiger des architectures souveraines et tracées dès le départ.
SantExpo 2026 marque la sortie de l'IA hospitalière de sa phase expérimentale. Plans de soins automatisés, dictée vocale, prescription assistée, télésurveillance remboursée, KPIs "VBHC" : toutes ces briques sont désormais matures. Mais elles partagent une dépendance commune, la qualité et la structuration de la donnée médicale source. Sans DPI structuré, les meilleures IA produisent des résultats médiocres. C'est précisément le rôle que Galeon joue depuis 2016 dans 19 hôpitaux français : fournir la couche fondatrice qui rend toutes les autres innovations possibles, sans compromettre ni la souveraineté ni le secret médical. Le futur de l'IA en santé ne se jouera pas sur la sophistication des modèles, mais sur la qualité des données et la justice du partage de la valeur créée.




