L'été s'installe sur Marseille avec l'énergie qui lui est propre. À deux pas de Saint-Joseph, le Vélodrome rugit, l’OM et récemment Jul enflamment leurs fans, et la ville pulse comme elle sait si bien le faire. Dans les couloirs de l'hôpital, l'équipe Galeon et l'équipe de Saint Joseph avance elle aussi à son rythme, mais un rythme différent : celui de l'orfèvre qui polit, qui affine, qui ne lâche rien.
C'est le paradoxe de cette période : l’obstétrique, la pédiatrie et les urgences pédiatriques sont déployées. Sur le papier, c'est une victoire. Dans les faits, c'est le début d'un travail de précision. Car déployer un outil, c'est une chose. Le faire vivre pleinement dans le quotidien des soignants, c'en est une autre.
Le cap est franchi, oui. Mais l'équipe Galeon n'est pas du genre à planter le drapeau et à rentrer à la maison. Il reste du travail, sur plusieurs sujets critiques, comme la prescription. Prescrire le bon médicament, à la bonne dose, au bon moment :; c'est le cœur du métier médical, et donc le cœur de nos exigences. On ne transige pas sur l’outil même si le coeur du logiciel est terminé sur le papier : il reste de petites modifications d’UX.
Si les premières semaines étaient celles de l'adrénaline, cette phase est celle de la minutie. Chaque service a ses protocoles, ses habitudes, ses spécificités. Un paramètre mal calibré peut créer une friction pour un médecin, un doute pour une infirmière. Et dans un service où les patients sont des enfants, le droit à l'erreur est inexistant et repose sur les soignants.
L'équipe cartographie, teste, ajuste, reteste. C'est un travail invisible, ingrat parfois, mais fondamental. C'est ce travail silencieux qui transforme un logiciel déployé en un outil vraiment adopté.
Il serait injuste de raconter cette aventure sans mettre en lumière ceux qui la portent côté Saint-Joseph. La Direction des Soins, la Direction des Services Numériques, la DSN, et bien sûr les référents Galeon dans les services ne sont pas de simples spectateurs du déploiement. Ils en sont les co-architectes.
Chaque paramètre, chaque flux, chaque protocole intégré dans Galeon est le fruit d'heures de travail conjoint. Des réunions de paramétrage qui s'étirent, des allers-retours entre les équipes terrain et les équipes techniques, des arbitrages parfois difficiles. La direction des soins apporte la connaissance du métier, la DSN apporte la maîtrise de l'infrastructure, les référents des services mettent en pratique. Galeon apporte l'outil. Ensemble, ils construisent quelque chose qui n'existait pas avant.
Derrière chaque déploiement réussi, il y a une réalité qu'on évoque rarement : l’effort et parfois le stress des équipes. Pour les équipes de Saint-Joseph comme pour Galeon, le déploiement d'un DPI n'est pas un sprint. C'est un ultra-trail.
Avant chaque mise en production, les vérifications s'enchaînent. Pendant, les yeux sont rivés sur les tableaux de bord. Après, on ne relâche pas pour autant : c'est souvent dans les jours qui suivent qu'émergent les vrais ajustements. Ces femmes et ces hommes ne font pas que soutenir le déploiement : ils le tiennent à bout de bras, avec une disponibilité et une résilience qui forcent le respect.
Ce qui frappe, c'est l'évolution des conversations dans les services. On ne parle plus d'obstacles, mais d'améliorations souhaitées. Les soignants ne subissent plus l'outil, ils formulent des demandes, suggèrent des ajustements, s'approprient Galeon comme si c'était le leur, parce que, quelque part, ça l'est devenu.
La résistance du début s'est muée en co-construction. Et c'est peut-être la vraie victoire de ces semaines. On ne lâche rien !
L'horizon se précise. Le déploiement des consultations de chirurgie s'annonce comme les prochains grands défis avant l'été. Des spécialités exigeantes, aux flux complexes, aux protocoles rigoureux. De nouveaux terrains où Galeon devra faire ses preuves. Et puis au retour des vacances, le sprint final : le bloc opératoire et les urgences adulte.
Mais l'équipe qui s'avance n'est plus tout à fait la même que celle qui a franchi les portes de Saint-Joseph en mars. Elle est rodée, soudée, et elle connait la leçon essentielle de cette mission : dans un hôpital, la technologie ne vaut que par la confiance qu'elle inspire.
L'été marseillais continue. Le chantier aussi.
À suivre…




