L’air est chargé d’iode et d’une électricité particulière ce lundi 16 mars à Marseille. Devant les portes de l’Hôpital Saint-Joseph, l’un des piliers de la santé dans la cité phocéenne, une petite équipe ne quitte pas le bâtiment des yeux. Inès, Erwan, Nico D, Jonathan et Nico P ne sont pas venus pour une simple visite de courtoisie. Ils sont là pour une mission qui ressemble à un sommet : transformer, service après service, le cœur numérique de cet hôpital géant.
Dans leurs sacs, pas d'outils lourds, mais des lignes de code et une conviction inébranlable. Ils sont les visages d'une aventure qui va durer jusqu'en octobre 2026. Une mission où chaque minute compte, car derrière chaque écran, il y a une vie.
Pour comprendre l'enjeu, il faut imaginer l'hôpital comme un corps humain. Jusqu'ici, chaque service (les urgences, la maternité, la chirurgie) fonctionnait parfois avec ses propres habitudes, ses propres papiers ou ses logiciels isolés.
C'est là qu'intervient Galeon et son DPI (Dossier Patient Informatisé).
Le DPI, c'est le système nerveux central de l'hôpital. C'est un dossier unique, numérique et partagé, qui suit le patient de son admission aux urgences jusqu'à sa sortie après une opération. Notre objectif ? Supprimer les dossiers perdus, les examens demandés deux fois et la paperasse infinie. On veut rendre aux soignants ce qu'ils ont de plus précieux : du temps pour soigner.
Saint-Joseph est un moment historique pour nous : c'est le tout premier établissement à nous confier la totalité de ses services. Mieux encore ? Galeon veut déployer le DPI en 9 mois, soit 2 à 3 fois plus rapidement que ce qui se fait habituellement. C'est ce qu'on appelle la Mission Marseille.

Le déploiement commence dans l'arène. On quitte la théorie des bureaux pour la réalité du carrelage blanc. Premier obstacle : les imprimantes de l'hôpital refusent d'imprimer les bracelets des patients à cause de problèmes de "drivers" (ces petits programmes qui permettent à l'ordinateur de parler à l'imprimante).
Pas question de transiger sur la sécurité. L'équipe prend une décision radicale : on repousse le lancement de 24h. On vérifie chaque bracelet, dans chaque service, à la main. Le soin n'attend pas l'approximation.
Mardi soir, l'informatique de l'hôpital ressemble à une tour de contrôle de la NASA. Les écrans défilent. L'équipe est "chaude comme la braise". On corrige, on ajuste ce qu'on appelle l'interopérabilité (la capacité de Galeon à discuter avec les autres logiciels de l'hôpital).
Soudain, un frisson : une erreur de manipulation dans le code à 23h ! « Mais ils ont foutu quoi ! » Le stress est à son comble, mais l'agilité Galeon répond présent. En quelques minutes, le tir est rectifié. À minuit, les derniers correctifs sont envoyés. Le feu vert est donné.
Mercredi, 8h00. Le module de néonatalogie s'allume. Dans le service, les premiers dossiers de césariennes sont créés. Et puis, l'instant magique : le premier bébé "Galeon" de Saint-Joseph pousse son premier cri.
Dans les couloirs, Inès et Nico Delrue voient les soignants s'approprier l'outil avec une aisance déconcertante. « En quelques heures, ils n'avaient plus besoin de nous », confie Inès avec fierté. Le logiciel s'est effacé pour laisser place à la vie.
La première semaine s'achève. La maternité est sécurisée, les urgences ont basculé. Mais le sommet est encore loin. Dès la semaine prochaine, nous lançons l'assaut sur la Chirurgie et les hospitalisations.
Marseille est en train de devenir le porte-étendard de la santé de demain.
À suivre...




