| Question | Réponse courte | À retenir |
|---|---|---|
| Un DPI fait-il perdre du temps aux soignants ? | Certains, oui : un médecin témoigne être passé de 90 % du temps de consultation face au patient à au moins 50 % derrière l’écran. | Le temps perdu vient de la double saisie et des écrans mal conçus. |
| Les transmissions ciblées sont-elles plus rapides informatisées ? | Oui quand les volets données, actions, résultats sont des champs du dossier. | Structurer l’écrit infirmier évite de le recopier. |
| D’où vient le temps perdu ? | De la traçabilité saisie plusieurs fois, des recherches d’information et des statistiques recalculées à la main. | Chaque donnée ressaisie est du temps pris au patient. |
| Comment un DPI peut-il rendre du temps ? | En ne demandant chaque information qu’une fois et en la reportant partout où elle sert. | La saisie unique est le premier gain concret. |
| Les statistiques qualité prennent-elles du temps ? | Oui : beaucoup de maternités les tiennent encore sur des tableurs remplis à la main. | Un DPI structuré les produit sans recompter. |
| L’IA fait-elle gagner beaucoup de temps ? | Moins qu’annoncé : les essais randomisés sur les scribes ambiants mesurent environ une minute par consultation. | Le gain le plus cité est le regard rendu au patient. |
| Qu’est-ce qui compte en urgence ? | Voir l’essentiel du dossier en quelques secondes, sans tourner de pages. | La lisibilité est un gain de temps à 3 h du matin. |
| Quand le gain apparaît-il ? | Après la période d’apprentissage, quand l’outil n’est plus un sujet. | Les premières semaines donnent souvent l’impression inverse. |
« On va passer plus de temps sur l’écran qu’avec les patients. » C’est l’objection la plus fréquente quand un hôpital annonce un nouveau DPI (dossier patient informatisé), et elle n’a rien d’irrationnel. Pour beaucoup de soignants, l’informatisation a d’abord signifié plus de cases à remplir.
Les chiffres leur donnent en partie raison. Lors d’une agora de SantExpo 2026, un médecin a résumé l’évolution de son métier : on est passé de 90 % du temps de consultation face au patient à « au moins 50 % » derrière l’écran (SantExpo 2026). La traçabilité, indispensable, a pris une place que personne n’avait prévue.
Chez Galeon, DPI construit avec les soignants depuis 2016 et utilisé par plus de 10 000 soignants, la question du temps est celle que nos équipes entendent le plus. Voici ce qui fait réellement perdre du temps, ce qui en rend, et ce qu’il faut attendre de l’IA.
Un DPI ne rend du temps au patient que s’il cesse de demander deux fois la même information.
Un DPI mal conçu, oui. Le temps perdu ne vient pas de l’informatique en soi, mais de la double saisie, des écrans qui imposent des validations inutiles et de l’information impossible à retrouver.
Une coordinatrice de pôle parents-enfants d’une grande maternité le formule simplement : « on est submergé par tout ce qui est traçabilité ». Elle ajoute que c’est « hyper important », mais que le métier de soignant « ce n’est pas que ça ». La tension est là : la traçabilité protège le patient et l’équipe, mais elle ne doit pas manger le temps de soin.
Un orateur d’une table ronde de la Fédération hospitalière de France allait plus loin, en qualifiant l’argument « le numérique fait gagner du temps au médecin » de « tarte à la crème » : dans la plupart des cas d’usage, le gain réel est faible (table ronde FHF, SantExpo). Ce scepticisme est sain : il oblige à montrer où le temps se gagne vraiment.
De trois sources principales : la ressaisie d’informations déjà connues, la recherche d’une donnée éparpillée, et les indicateurs recalculés à la main.
Avec un dossier papier, une information se recopiait de formulaire en formulaire. Beaucoup de logiciels ont reproduit ce fonctionnement à l’écran. Un soignant qui saisit trois fois le poids d’un patient perd du temps et crée un risque : quelle valeur est la bonne ? Un établissement a illustré ce problème en public : dans son ancien DPI, demander le poids du patient revenait à trouver plusieurs valeurs dans des champs texte, donc à n’en avoir aucune (SantExpo 2025).
Un dossier papier ne se consulte qu’à un endroit à la fois. Une sage-femme le décrit ainsi : pendant qu’elle écrit dans le dossier, le gynécologue ne peut pas y écrire, et l’auxiliaire partie faire le bain l’attend. Un DPI lisible supprime ces attentes, à condition que l’information soit au bon endroit.
C’est la perte de temps la moins visible. Dans une maternité de près de 5 000 naissances par an, « toutes nos statistiques sont faites à la main sur des tableaux Excel », explique sa coordinatrice : taux de césarienne, d’épisiotomie, de déclenchement, naissances prématurées. Ce travail revient aux cadres, chaque année, pour prouver la qualité de la prise en charge.
En ne demandant chaque donnée qu’une fois, en la reportant partout où elle est utile, et en produisant les indicateurs sans recompter.
Un chef de service de gynécologie-obstétrique utilisant Galeon le résume : « on ne saisit qu’une fois les données importantes, et c’est ensuite reporté dans toutes les cases qu’il faut pour la qualité du dossier médical ». Pour lui, c’est « un outil qui enfin nous fait gagner du temps plutôt qu’en perdre ».
Les gains se nichent aussi dans des détails d’ergonomie. Une auxiliaire de puériculture cite le bouton qui coche d’un coup l’examen normal d’un nouveau-né : « ça nous fait gagner vachement de temps, surtout dans des services d’urgence ». Une sage-femme cite la reprise d’un ancien dossier en deux minutes. Ce sont ces secondes répétées des dizaines de fois par garde qui font la différence.
Enfin, la donnée structurée rend les statistiques immédiates. Un chef de service de maternité dit suivre en temps réel ses taux de césarienne, d’épisiotomie ou d’hémorragie, pour corriger une dérive dès qu’elle apparaît. Une équipe d’un GHT du Sud-Ouest transmet chaque mois ses chiffres à l’administration « sans avoir à recalculer sur le cahier d’accouchement ».
En les structurant. Les transmissions ciblées organisent l’écrit infirmier autour d’une cible (un problème ou une préoccupation du patient) et de trois volets : données, actions, résultats, souvent notés DAR. Dans un dossier patient informatisé, ces volets deviennent des champs, et l’information saisie une fois alimente le reste du dossier.
Sur papier, une transmission ciblée se relit mal d’une équipe à l’autre et se recopie d’un support à l’autre. Informatisée, elle se retrouve en quelques secondes par cible, se partage entre l’équipe de jour et l’équipe de nuit, et contribue à la traçabilité des soins sans double écriture. C’est aussi un exemple concret de ce que les soignants attendent de l’IA : une aide pour rédiger ces transmissions plus vite, que certaines directions des soins réclament déjà (SantExpo 2026).
Oui, et c’est souvent le gain le plus apprécié. Pouvoir comprendre la situation d’une patiente en quelques secondes change la prise en charge quand rien n’est programmé.
Une sage-femme d’une maternité de proximité le décrit avec précision : « il est parfois 3 h du matin, on a envie d’ouvrir l’écran et de voir, tac, tac, tac, ok, il y a ça, attention ». Une autre équipe évoque le résumé affiché à l’ouverture du dossier : « on sait déjà qui est cette patiente sans passer trois heures à tourner des feuilles ».
La lisibilité supprime aussi un irritant très concret : les écritures illisibles. Au moins quatre soignants interrogés par Galeon citent spontanément la fin du déchiffrage des notes manuscrites comme un soulagement quotidien.
Moins que ne le promettent les salons. Les mesures disponibles montrent des gains modestes en minutes, mais un bénéfice plus net sur l’attention portée au patient.
Lors d’une agora de SantExpo 2026, un cardiologue a rappelé les deux essais randomisés publiés dans NEJM AI sur les scribes ambiants (outils qui rédigent le compte rendu à partir de la conversation) : environ une minute gagnée par consultation dans l’un, 22 minutes par jour dans l’autre (SantExpo 2026). Un chirurgien d’un grand hôpital francilien, après six semaines d’usage, disait finir sa consultation « à la même heure », mais regarder davantage le patient que l’écran.
Le gain de temps est le critère le plus facile à mesurer, pas le plus important. Pour l’IA comme pour le DPI, la vraie question est de savoir si l’outil vit dans le dossier ou à côté : un compte rendu généré qu’il faut copier-coller dans le DPI recrée exactement la ressaisie qu’on voulait supprimer. Nous détaillons ce point dans notre article sur les notes cliniques générées par IA.
| Critère | DPI traditionnel | Approche Galeon |
|---|---|---|
| Saisie d’une donnée | Souvent ressaisie dans plusieurs formulaires | Saisie une fois, reportée où elle sert |
| Examen normal | Chaque item validé un par un | Validation groupée quand tout est normal |
| Ouverture du dossier | Navigation entre onglets pour reconstituer l’histoire | Résumé des antécédents et alertes à l’ouverture |
| Statistiques qualité | Extraction manuelle ou tableurs | Indicateurs issus de la donnée structurée |
| Accès partagé | Un poste, un utilisateur, parfois un seul site | Dossier accessible à l’équipe et entre sites d’un territoire |
| Vocabulaire | Texte libre, termes différents selon les générations | Champs structurés qui uniformisent les dossiers |
| Ajustement des écrans | Selon la feuille de route de l’éditeur | Demandes remontées par le service et intégrées |
| IA documentaire | Outil externe, copier-coller dans le dossier | Objectif : une IA qui écrit dans le dossier structuré |
Un dossier patient informatisé fait-il gagner du temps aux infirmières ?
Oui quand il supprime la ressaisie et rend l’information lisible ; non s’il ajoute des validations. Le gain apparaît après la période d’apprentissage.
Pourquoi a-t-on l’impression de passer plus de temps sur l’écran avec un nouveau logiciel ?
Parce que les premières semaines sont un apprentissage. L’impression s’inverse quand l’outil devient un réflexe.
Comment mesurer le temps gagné par un DPI ?
Comparez avant et après sur des tâches précises : reprise d’un dossier, production des statistiques mensuelles, recherche d’un antécédent en urgence.
Les statistiques d’une maternité peuvent-elles être automatiques ?
Oui, si le dossier est structuré. Les taux de césarienne ou d’épisiotomie se calculent alors sans recompter, à condition que les champs soient renseignés.
L’IA va-t-elle supprimer la saisie ?
Pas à court terme. Les mesures montrent des gains modestes ; l’intérêt principal est l’exhaustivité du compte rendu et l’attention rendue au patient.
Qu’est-ce qu’une transmission ciblée ?
Une méthode d’écriture infirmière organisée autour d’une cible (problème du patient) et de trois volets : données, actions, résultats. Informatisée, elle se retrouve et se partage plus facilement.
Qu’est-ce que la saisie unique ?
Le principe selon lequel une information n’est entrée qu’une fois dans le dossier, puis réutilisée partout où elle est nécessaire.
L’objection « on va passer plus de temps sur l’écran qu’avec les patients » est fondée : certains médecins passent aujourd’hui la moitié de leur consultation derrière un écran. Le temps perdu vient de la ressaisie, de l’information éparpillée et des statistiques recalculées à la main. Un DPI rend du temps quand il applique la saisie unique, affiche l’essentiel à l’ouverture et produit les indicateurs sans effort. L’IA apportera un gain supplémentaire, plus modeste qu’annoncé, à condition d’écrire dans le dossier plutôt qu’à côté. C’est la logique qui guide la construction de Galeon avec les soignants depuis 2016.
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