Chaque visite à l'hôpital génère des dizaines d'informations médicales : signes vitaux, diagnostics, ordonnances, résultats de laboratoire et comptes-rendus opératoires. Pendant des décennies, ces informations étaient consignées sur papier, dispersées entre les services et perdues lors des transferts entre établissements.
Le Dossier informatisé des patients (DPI), ou EHR en anglais, a été conçu pour mettre fin à cette fragmentation. Le DPI est la mémoire numérique complète d'un patient, accessible en temps réel par les équipes de soins autorisées. C'est l'infrastructure invisible qui permet à un urgentiste de connaître, en quelques secondes, l'historique médical d'un patient qu'il n'a jamais rencontré auparavant.
Mais en 2026, le DPI subit une profonde transformation. Les 19 hôpitaux partenaires de Galeon, gérant plus de 3 millions de dossiers patients et accompagnant des milliers de soignants au quotidien, en sont la preuve vivante : le DPI n'est plus un simple outil de stockage. Il devient un moteur d'analyse, de prévention et de recherche médicale.
Cet article pose les bases : qu'est-ce qu'un DPI, que contient-il, comment fonctionne-t-il, que dit la loi, et pourquoi sa prochaine évolution vers l'intelligence artificielle change fondamentalement la médecine hospitalière.
Un Dossier Patient Informatisé (DPI) est un système numérique qui centralise toutes les informations médicales, administratives et paramédicales d'un patient au sein d'un établissement de santé. Il est accessible en temps réel par les professionnels de santé autorisés, dans le respect du secret médical et des réglementations en vigueur.
Le DPI est la colonne vertébrale numérique de tout établissement de santé moderne. Sans lui, la coordination entre les services, la traçabilité des soins et la continuité du parcours patient seraient impossibles à l'échelle d'un hôpital.
Ces termes sont souvent confondus, mais ils désignent des réalités distinctes et des volumes de données radicalement différents :
Ces outils sont complémentaires et non concurrents. Le défi de l'interopérabilité en 2026 est précisément de les faire communiquer de manière fluide et sécurisée.
Le contenu d'un DPI est encadré par la réglementation française, notamment le décret du 29 avril 2002. Il s'articule autour de plusieurs grandes catégories d'informations.
Ce sont les premières informations enregistrées lors de l'admission. Elles incluent l'identité complète du patient, son numéro de sécurité sociale (NIR), ses coordonnées, sa couverture d'assurance et les informations relatives au séjour (date d'entrée, service, médecin référent).
Remarque : L'identité est le socle du dossier. Une erreur d'identification à l'entrée peut entraîner une cascade d'erreurs médicales graves — c'est pourquoi l'identitovigilance est un enjeu majeur dans tout établissement de santé.
C'est le cœur du DPI. Il contient :
Les équipes infirmières et paramédicales alimentent également le DPI avec :
Le DPI conserve également les documents relatifs au consentement éclairé, aux directives anticipées, aux autorisations d'opérer et à toutes les formalités réglementaires imposées par la loi.
La tenue d'un dossier patient est une obligation légale en France depuis la Loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades (Loi Kouchner), codifiée à l'article L1112-1 du Code de la santé publique.
Tout établissement de santé est tenu de créer un dossier pour chaque patient hospitalisé, de le conserver pendant 20 années à compter de la dernière consultation ou séjour, et de le mettre à disposition du patient sur demande sous 8 jours (48 heures pour les informations récentes de moins de 5 ans).
Principe clé : Le dossier patient appartient au patient. L'établissement en est le gardien, pas le propriétaire.
Les données de santé sont des données personnelles sensibles au sens du RGPD. Leur traitement est soumis à des obligations renforcées : consentement explicite du patient, droit d'accès et de rectification, obligation de sécurité et notification obligatoire en cas de violation de données.
En France, l'hébergement des données de santé à caractère personnel est soumis à une certification spécifique : la certification HDS (Health Data Heberger), délivrée par l'ANSSI. Tout prestataire qui héberge ou traite ces données doit être certifié HDS : c'est une exigence légale, pas une option.
L'accès au DPI est strictement régi par le secret médical. Seuls les professionnels de santé participant directement à la prise en charge du patient y ont accès, dans la limite de ce qui est nécessaire à leur mission. Chaque accès est tracé et auditable.
En pratique, le DPI est l'interface de travail centrale des équipes de soins, accessible depuis les ordinateurs de service, des tablettes mobiles et des terminaux au pied du lit.
À l'admission, l'équipe administrative crée ou met à jour le dossier. Le médecin référent complète les antécédents et rédige le plan de soins. Tout au long du séjour, chaque intervenant — médecin, infirmier, kinésithérapeute, pharmacien — alimente le dossier avec des observations et des actes.
À la sortie, le DPI génère le compte-rendu d'hospitalisation, transmis au médecin traitant et versé au DMP national. Le dossier reste actif pour les soins futurs.
Les systèmes traditionnels présentent des limites structurelles que les établissements rencontrent en pratique :
Un DPI traditionnel stocke les données. Un DPI intelligent les fait travailler.C'est la différence entre une bibliothèque et un chercheur. La bibliothèque garde les livres ; le chercheur les lit et les croise pour en tirer des conclusions.
Dans un DPI intelligent comme celui déployé par Galeon, trois couches technologiques transforment la donnée :
Le Dossier Patient Informatisé est l'infrastructure fondamentale de tout établissement de santé moderne. Si le DMP national sert de carnet de santé numérique concis (1 % des données), le DPI est la mémoire exhaustive des soins hospitaliers (100 % des données).
La nouvelle génération de DPI intelligents, comme celle déployée par Galeon dans 19 hôpitaux partenaires, transforme ce stockage passif en un outil d'analyse et de prévention, marquant la prochaine étape structurelle de la médecine hospitalière.




