On entend souvent dire que "la finance, c'est compliqué". Pourtant, quand Duralex a proposé à tout le monde de participer à sa relance, des milliers de Français ont compris exactement ce qui se jouait. Ils ont prêté un peu d'argent, reçu un intérêt en échange, et soutenu une entreprise qu'ils connaissent depuis toujours. Ce mécanisme simple et concret s'appelle une obligation publique.
Et contrairement à ce qu'on croit, c'est beaucoup plus accessible qu'il n'y paraît. Le marché obligataire mondial pesait plus de 130 000 milliards de dollars en 2024 selon la Banque des Règlements Internationaux c'est le marché financier le plus large au monde, devant les actions. Pourtant, pendant des décennies, il est resté réservé aux institutionnels. Ce n'est plus le cas.
L'essor des plateformes de financement participatif réglementées a ouvert la porte aux particuliers. Depuis 2021, le règlement européen sur le crowdfunding (ECSP) encadre précisément ces opérations et les rend accessibles à tout résident européen. La démocratisation est en cours et des projets comme Duralex ou Galeon en sont les symboles les plus concrets.
Dans cet article, nous décryptons ce qu'est une obligation publique, pourquoi ce format revient au premier plan, comment l'évaluer en tant qu'investisseur, et quelles limites garder en tête.
Une obligation, c'est un prêt. Pas plus mystérieux que ça. Quand vous achetez une obligation émise par une entreprise, vous lui prêtez de l'argent. En échange, elle s'engage contractuellement à vous verser un intérêt régulier (le coupon) pendant toute la durée du prêt, puis à vous rembourser votre capital à l'échéance.
Trois éléments définissent une obligation :
"Une obligation, c'est l'opposé de la spéculation : vous connaissez exactement ce que vous allez toucher, et quand. C'est de l'épargne avec un contrat."
La confusion entre les deux est fréquente, mais la différence est fondamentale. Quand vous achetez une action, vous devenez actionnaire — copropriétaire d'une entreprise. Votre gain dépend de la performance de l'entreprise et du prix de l'action sur le marché, deux variables imprévisibles. Quand vous achetez une obligation, vous êtes créancier — vous avez prêté de l'argent. Votre rémunération est fixée contractuellement dès le départ et ne dépend pas des résultats de l'entreprise.
En cas de faillite, les créanciers (porteurs d'obligations) sont remboursés avant les actionnaires. L'obligation est donc structurellement moins risquée qu'une action — même si elle n'est pas sans risque.
Le mot "publique" désigne l'accessibilité de l'offre, pas le statut de l'émetteur. Une obligation publique est simplement une obligation ouverte à tous les particuliers, sans condition de patrimoine ni de qualification d'investisseur professionnel.
Historiquement, ce type d'émission était réservé aux États (OAT françaises, bons du Trésor américains) et aux grandes collectivités. Mais la réglementation européenne permet désormais aux entreprises privées d'émettre des obligations directement auprès du grand public, à condition de respecter un cadre strict : publication d'un prospectus validé par l'AMF ou son équivalent européen, information claire sur les risques, plafonds de collecte réglementés.
"Une obligation publique n'est pas un produit financier réservé aux riches ou aux experts. C'est un prêt citoyen, encadré par la loi, accessible depuis une plateforme en ligne avec quelques centaines d'euros."
Duralex, la verrerie française fondée en 1945 et connue pour ses verres incassables, a traversé une période de redressement judiciaire en 2024. Pour financer sa relance industrielle, l'entreprise a choisi une voie inhabituelle : plutôt que de solliciter uniquement des banques ou des fonds d'investissement, elle a proposé une obligation publique directement aux citoyens.
Le résultat a dépassé toutes les attentes : l'objectif de collecte a été atteint en moins de trois jours. Des milliers de Français ont souscrit, souvent pas pour des raisons purement financières, mais parce qu'ils connaissaient la marque, comprenaient le projet, et voulaient participer concrètement à sa survie.
Ce que l'opération Duralex a démontré est structurel : quand un projet est compréhensible, quand la marque inspire confiance et quand le mécanisme est simple, les particuliers sont prêts à devenir des acteurs directs du financement de l'économie réelle. Plus besoin d'intermédiaire. La finance redevient concrète.
Ce format d’investissement présente de réels avantages, mais il comporte également des risques qu’un investisseur sérieux ne doit pas sous-estimer.
Si l’entreprise qui a émis l’obligation ne peut pas rembourser (faillite, liquidation), vous pouvez perdre tout ou partie de votre capital. Contrairement à un livret d’épargne bancaire, il n’existe pas de garantie de l’État sur les obligations d’entreprises privées. L’analyse de la solidité financière de l’émetteur est donc essentielle avant de souscrire.
Contrairement à une action cotée que vous pouvez revendre à tout moment, une obligation publique est généralement bloquée jusqu’à son échéance. Si vous avez besoin de votre capital avant la date prévue, les options de sortie anticipée sont limitées — voire inexistantes selon les modalités de l’émission.
Un taux d’intérêt fixe de 6 % sur 5 ans est attractif si l’inflation est à 2 %. Il l’est beaucoup moins si l’inflation dépasse ce taux pendant la durée du prêt. Le rendement nominal affiché n’est pas le rendement réel — une distinction essentielle dans un environnement de taux élevés.
La force d’une obligation publique — son lien avec un projet concret et compréhensible — est aussi sa principale limite : si le projet échoue ou si l’entreprise rencontre des difficultés majeures, la promesse de remboursement peut être compromise. La réputation et la marque ne sont pas des garanties financières.
« Une obligation publique n’est pas un investissement sans risque. C’est un outil de financement de l’économie réelle, accessible et transparent — mais qui nécessite d’analyser sérieusement la solidité du projet avant de s’engager. »
Vous souscrivez sur une plateforme réglementée en prêtant une somme définie à une entreprise. L'entreprise s'engage à vous verser des intérêts à intervalles réguliers (annuellement en général) pendant toute la durée du prêt, puis à vous rembourser votre capital à l'échéance. Tout est contractualisé dans un prospectus validé par l'autorité de régulation compétente.
Un livret d'épargne (comme le Livret A ou le LDDS) est garanti par l'État jusqu'à 100 000 € et disponible à tout moment. Une obligation est un prêt à une entreprise privée, non garanti par l'État, avec un capital bloqué jusqu'à l'échéance. En contrepartie, le taux d'intérêt d'une obligation est généralement plus élevé que celui d'un livret réglementé.
Oui. Si l'émetteur fait faillite avant l'échéance, vous pouvez perdre tout ou partie de votre capital et des intérêts restants. C'est pourquoi l'analyse de la solidité financière et du projet de l'émetteur est essentielle avant de souscrire.
Une obligation publique permet à une entreprise de diversifier ses sources de financement, de contourner partiellement les banques (et leurs conditions) et de mobiliser sa communauté autour de son projet. C'est aussi un puissant outil de communication : les souscripteurs deviennent naturellement les ambassadeurs du projet.
Le règlement européen sur les prestataires de services de financement participatif (ECSP), en vigueur depuis 2021, encadre les plateformes qui proposent des obligations publiques aux particuliers. Il impose des obligations d'information, de transparence et de gestion des risques, renforçant la protection des investisseurs individuels dans toute l'Europe.
Galeon a lancé un programme d'obligations publiques pour financer son déploiement dans de nouveaux hôpitaux. Ce mécanisme permet à tout investisseur particulier de contribuer directement au développement d'une infrastructure médicale concrète, avec un taux d'intérêt fixe fixé à l'avance et un cadre réglementaire clair.
Une obligation publique est un mécanisme de financement simple, prévisible et réglementé : vous prêtez de l'argent à une entreprise, elle vous verse des intérêts contractuels et vous rembourse à l'échéance. Sa dimension « publique » signifie que l'offre est ouverte à tous les particuliers, sans exigence de profil d'investisseur spécifique. Le cas Duralex a popularisé ce format en France en démontrant qu'une marque connue et un projet compréhensible pouvaient mobiliser des milliers de citoyens en quelques jours.
Ce format présente de réels avantages : des rendements prévisibles, un lien direct avec l'économie réelle et une grande accessibilité. Mais il comporte aussi des risques à ne pas sous-estimer : risque de défaut, illiquidité et érosion potentielle par l'inflation. L'analyse du projet et de la solidité financière de l'émetteur reste primordiale.
Galeon applique ce mécanisme pour financer son déploiement hospitalier. Investir dans les obligations Galeon, c'est financer directement l'expansion d'une infrastructure médicale déjà présente dans 19 hôpitaux — avec la transparence d'un contrat et l'impact d'un projet de santé publique.
Pour aller plus loin : découvrez le programme obligataire de Galeon sur la plateforme Atlantis ci-dessous.




